Comme pour les Bulletins, nous commençons par évoquer la publication la plus récente, et remontons ensuite vers les plus anciennes.
Dans notre nouvelle collection "ETUDES CRITIQUES":
Stéphane Rochette, Ramuz chez Rey-Millet
Reproduction, dans le livre, des 6 panneaux du "Salon de Saint-Jeoire" peints par Rey-Millet. Ici, celui de "La Beauté sur la terre", hommage à C. F. Ramuz.
Après la publication de l'article du jeune Constant Rey-Millet sur Ramuz, en 1925, dans Le Taudis, l'aîné suisse vint voir son cadet français, à La Tour-en-Faucigny (Haute-Savoie). Ainsi naquit une amitié...
Ce livre, avec ses illustrations et ses documents, la plupart inédits, fait aussi revivre des hommes qui ont révélé ou connu cette amitié: René Auberjonois, George Besson, Charles-Albert Cingria, Jean Cocteau, Jean-Marie Dunoyer, Paul Gay, Alberto Giacometti, Jean Giono, Gustave Roud, Gino Severini, et tant d'autres...
Paru* en 2006 pour l'inauguration de la médiathèque d'Evian qui porte le nom de Ramuz, cet ouvrage publie, outre le texte éponyme (de 1922), "Pensée à la Savoie" (1915) et "Le lac désert" (1942).
*En coédition avec la Ville d'Evian - les - Bains).
Symétrie fait partie du recueil Adieu à beaucoup de personnages (1914); L'Enfant, daté de 1920, prolonge cette réflexion poétique et philosophique sur le mystère de la vie, la présence de la mort, la découverte du monde. Thèmes récurrents chez Ramuz, auxquels la venue au monde d'un enfant (sa fille Marianne, en 1913) donne une acuité particulière.
"Le petit enfant, assis sur un carré de toile à matelas dans le pré, tend la main vers un cerisier qui est bien à quarante pas de lui.
Ayant refermé la main, il s'étonne qu'elle soit vide.
Il nous faut apprendre le monde depuis son commencement." (L'Enfant, p. 37)
"Vous savez que je suis Savoyard [...] J'ai tété du lait savoyard [...]. De ma fenêtre, toute la journée, je ne vois que vos montagnes..."
Propos de Ramuz à Paul Gay, (voir dans Présence de Ramuz, 1951, p. 101).
"[...] de derrière les murs du port, on voit seulement sortir tous ces mâts, comme un petit bois qui aurait séché, qui aurait perdu ses feuilles et ses branches, montrant encore un peu de couleur [...] - mais c'est seulement de plus haut qu'on découvre les coques noires tellement serrées l'une contre l'autre que les ponts sont comme un seul pont, un grand plancher où on pourrait danser."
(Salutation à la Savoie, p. 23)